Fonds d'Aide Saint-Isaac-Jogues

Le Fonds d'aide de la paroisse prend sa naissance dans les difficultés financières que la paroisse a traversées de 1946 à 1974. Après la construction d'une modeste chapelle, il y a eu la construction d'une église majestueuse. Pendant la construction de ce temple, le principal entrepreneur en construction a dû faire faillite; faut-il ajouter que ceci a eu pour conséquences de retarder les travaux et d'augmenter assez considérablement le coût des travaux prévu au moment de l'ouverture des soumissions et alors autorisé à la signature des contrats. L'église a été bénite en 1956. Malgré les efforts des pasteurs qui se sont succédés à la cure de cette paroisse, en 1973, il restait encore une dette de plus de 200 000$; c'était beaucoup pour l'époque.

À Asbestos, les gens faisaient de bons salaires et on savait que tôt ou tard on finirait par payer cette fameuse dette. D'autant plus que depuis la construction de la nouvelle église Saint-Aimé, une nouvelle paroisse était née en même temps en 1966, la paroisse Saint-Dominique-Savio. Ces deux paroisses se retrouvaient avec des bâtiments tout à fait neufs et sans dette. Elles avaient même, au dire du le curé qui avait négocié le tout avec la Canadian Johns Manville, et je cite : « En fait, les deux paroisses, non seulement n'ont aucune dette ni redevance, mais en plus elles possèdent de petites réserves leur permettant de faire face à des obligations imprévues pour quelque temps à venir ». (Déclaration à l'adresse de la Fabrique de la Paroisse Saint-Dominique-Savio, par Roméo Demers, prêtre-curé, paroisse Saint-Aimé-de-Shipton) (Il n'y a pas de date à cette lettre datant probablement de 1966).

Asbestos avait donc maintenant cinq paroisses. Elle était en pleine croissance...  De même que la mine évidemment! Et voilà que, quelque sept ans plus tard, déjà il fallait vendre Saint-Dominique-Savio pour l'expansion de la mine à ciel ouvert. En 1974, il n'est plus question de rebâtir une autre église à Asbestos. La dernière née disparaît totalement. Les fonds recueillis par la vente de celle-ci seront distribués selon leurs besoins aux quatre autres paroisses.

Voici le décor à ce moment-là:
Saint-Isaac-Jogues a une dette de 231 000$
Notre-Dame-de-Toutes-Joies, de 132 000$
Saint-Barnabé de nombreux projets pour 125 000$
Saint-Isaac également des projets pour 20 000$
et Notre-Dame entrevoit, elle, des projets pour 47 000$
Un surplus prêté au diocèse et dont les intérêts (6%) seront remis à chacune des quatre paroisses restantes : 200 000$
Un résidu pour régler les transactions : 10 000$
Total de la vente : 765 000$

Ainsi donc, avec la vente des édifices de la paroisse Saint-Dominique-Savio, toutes les paroises deviennent sans dette et peuvent même réaliser leurs projets... et en plus elles ont un coussin de 200 000$. Nous sommes en 1974.

L'année même de cette vente, la Compagnie, toujours pour l'expansion de sa mine à ciel ouvert, entreprend des démarches pour acheter l'église Saint-Isaac qui est un temple magnifique. À ce moment, la paroisse n'est pas en difficulté financière, bien loin de là. Le diocèse, qui est au courant loge, en décembre 1974 une demande pour un emprunt de 5 000$ sans préciser pour qui. Le Conseil accepte la demande à condition que les noms des emprunteurs et des prêteurs soient clairement indiqués sur un billet officiel; le prêt sera sans intérêt et la remise à demande. Ce prêt (de 5 000$, sans intérêt, avec remise à demande) se concrétisera selon les conditions de la paroisse Saint-Isaac-Jogues en faveur de la paroisse Ste-Marguerite-Marie de Magog en date du 12 mars 1975. Une autre paroisse se verra consentir un prêt de 5 000$, le 2 novembre 1976, puis une autre, Saint-Jean-Baptiste, le 18 avril 1977, puis une quatrième, la paroisse Saint-Joseph, le 5 juin 1978.

Toutes ces demandes ont probablement réjouit le cœur du pasteur de la paroisse Saint-Isaac-Jogues, monsieur le curé Gaston Saint-Jean, le rendant ainsi de plus en plus conscient de la chance qu'il avait de ne plus avoir de dette... C'est probablement dans ce temps qu'est né le souci d'aider d'autres paroisses du diocèse si la construction de la future église laissait des surplus grâce aux montants versés pour l'achat de l'ancien temple. Il put en être ainsi suite à la fermeture de Saint-Dominique-Savio. Cepandant aucun écrit officiel ne relate la naissance de ce fonds d'aide. Certaines personnes nous ont mentionné qu'il y aurait eu une entente verbale entre Monseigneur Jean-Marie Fortier et monsieur le Curé Gaston Saint-Jean à ce sujet. Cette entente aurait permis ds soustraire ce montant du Fonds d'Aide de la cotisation diocésaine.

Nous ne trouvons, ni à la paroisse, ni au diocèse, de document officiel sur ce que l'on appelait alors la Fondation Saint-Isaac. D'un autre côté, c'est toujours le Conseil de Fabrique et, souvent, le curé seul, qui ont autorisé les prêts aux autres paroisses. Les dons étaient souvent l'initiative du curé... et quand la paroisse Saint-Isaac devait exécuter des travaux de réparations, on puisait aussi dans ce même fonds.

Il n'y a jamais eu de Conseil d'administration autonome. C'est le Conseil de Fabrique qui gérait ce fonds. Or, une fondation doit avoir une charte et un conseil d'administration autonome... Ici, point de charte ni de Conseil d'administration autonome. Donc ce n'est pas une Fondation.